Je n’ai pas cessé d’avoir soif de métal. Non. Je prends tout de même la décision de mettre un terme à la production de la balado Métalcoolique. En fait, ça peut paraître paradoxal que je choisisse de cesser, alors que j’ai la tête pleine d’idées et que j’annonçais récemment le projet des hors-séries…

Mais voilà, comme pour d’autres projets lancés et développés lors des temps libres, je me fais, une fois de plus, rattraper par la réalité. Je ne me plains pas, mais je ne m’en cacherai pas: mettre autant d’efforts sur un truc dont la portée reste à (très) petite échelle, c’est parfois ingrat.

Préparer la balado exige plusieurs heures. Je ne suis pas un bon improvisateur et je suis incapable de faire un enregistrement «sans filet». Ainsi, en plus de faire des recherches (la sélection des groupes, des pièces), et par souci de qualité, j’écrivais chacune de mes émissions. Mes interventions pouvaient paraître courtes, mais elles me demandaient de la réflexion afin de tenir un fil conducteur ou quelque chose de pertinent ou divertissant à dire, au-delà de la présentation des musiques retenues. Il fallait ensuite enregistrer et monter la balado, la convertir, la téléverser sur le serveur, préparer la publication sur le site. Maniaque comme je suis, j’indiquais la playlist de chaque émission avec les hyperliens vers les pages de groupes ou des albums. Désireux d’être le plus réglo possible quant à la diffusion des musiques, j’entrais aussi en contact avec les labels et/ou les artistes pour obtenir les permissions.

Ce serait malhonnête de ma part de me plaindre car j’aimais bien faire tout cela. Le problème, c’est que dans la réalité, je n’ai pas tout le temps voulu pour livrer une émission qui réponde entièrement à mes exigences. C’est un des désavantages du perfectionnisme. Comme je le soulignais, j’ai mille et un projet en tête et métalcoolique comme je le suis, je voudrais me lancer partout à la fois avec des standards de qualité que je n’arrive pas toujours à atteindre.

Voilà pour les bêtes prétextes du défaitisme que je tente d’excuser. Pourtant, ma plus grande motivation à cesser réside dans un constat qui me pousse à un décision purement égoïste. Je le dis depuis longtemps, mais l’offre musicale dans le monde du metal devient démesurée. De quoi donner le vertige quand on est un tant soit peu curieux. Disons que ma curiosité est pas mal (trop) développée. Je n’arrive plus à fournir. Pas seulement pour le podcast, mais aussi pour ma chronique des meilleurs albums mensuels sur Boulevard Brutal. J’écoute des albums et des albums, toujours en essayant de dénicher les perles. J’essaie du mieux que je peux de le faire en conservant un esprit d’analyse critique. Et si je veux rester honnête, juste, professionnel, pas complaisant, je ne peux pas me limiter à une écoute par disque. Faisons donc un calcul rapide pour illustrer la problématique. Disons que pour avoir une bonne idée globale d’un album, j’estime qu’il me faut au moins 3 écoutes attentives, dans des conditions optimales. Des dizaines et dizaines d’albums qui me parviennent mensuellement, supposons que suite à un premier tri, j’en retiens en moyenne entre 12 et 15. 12 albums à raison de 3 écoutes chacun, ça donne un total de 36 écoutes. Ça commence à faire pas mal d’heures cumulées auxquelles j’ajoute celles de la balado.

Or voilà, parmi toutes ces écoutes, certains enregistrements me plaisent beaucoup, mais je n’arrive pas à les assimiler comme je pouvais le faire auparavant pour des disques que je connais aujourd’hui par cœur. Je ressens de plus en plus le besoin de revenir à cette base. Besoin de mettre mon temps et mon énergie sur ces disques qui me font vraiment vibrer. Ceux que j’ai très envie de réécouter, mais que je choisi de sacrifier, puisque des tas d’autres albums attendent dans ma boite de courriel ou sur ma liste de sorties à venir. De plus, certains titres m’échappent. C’est d’autant plus frustrant lorsque ceux ci s’avèrent plus intéressants que d’autres disques plus ordinaires que j’ai privilégié, faute de temps ou d’un jugement moins aiguisé pour X raisons.

Bref, ma soif d’écouter des disques pour ma satisfaction personnelle devient plus forte que mon désir de partager ma passion coûte que coûte. Voilà pourquoi une majorité d’heures d’écoutes, de recherche et d’écriture deviendront des heures d’écoute destinées à mon bonheur auditif personnel. J’ai le sentiment que cela sera plus bénéfique pour mon équilibre mental.

Concrètement, cette décision implique certes l’arrêt du podcast, mais également ma contribution mensuelle chez Boulevard Brutal. Site pour lequel j’ai écrit sur une période de 5 ans. Je remercie d’ailleurs SebBrutal de la confiance dont il a fait preuve à mon égard en me laissant toujours carte blanche. L’expérience a été aussi facile qu’agréable et m’a permis de faire d’heureuses rencontres. Je préfère donc me retirer avant de livrer des textes sur le pilote automatique, menace qui, je le sentais, commençait à me pendre au bout du nez.

Je m’en voudrais de ne pas remercier tous les auditeurs et toutes les auditrices de la balado Métalcoolique. Un merci particulier à ceux et celles qui ont pris le temps de m’écrire ou d’interagir avec moi. Vous savez qui vous êtes. Merci également à Didier de Métal Invasion Radio qui m’a offert une plage horaire sur sa programmation de soirée de l’autre côté de l’Atlantique. Salut à toi et merci aussi pour tes bons mots. Bonne continuation avec ton projet. Je sais ce que ça représente!

Enfin, malgré l’arrêt de certains de mes projets, Métalcoolique demeure un site actif qui ne subit qu’un ralentissement. Un rythme plus «assis» disons, et pour lequel je préfère ne pas m’engager avec des délais de temps. Je prévois reprendre le projet quelque peu délaissé des Essentiels du death metal old school et je publierai sûrement quelques petits trucs de temps à autres.

Au risque de me répéter, permettez-moi de vous rappeler que vous pouvez également découvrir mes écoutes métalliques partagées sur instagram, en recherchant le mot-clic #metalcoolique. La page facebook demeure aussi active.

À bientôt!