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CritiqueMusique

Le meilleur de 2014 (30 à 21)

Le métalcoolique que je suis a passé l’année à s’abreuver de métal de tous les styles et de tous les horizons. J’ai donc bu du tord-boyaux qui décape en simonac et siroter quelques breuvages pas piqué des vers. De l’aquavit en passant par la koskenkorva, l’ouzo, le ratzeputz, le bourbon, le vin espagnol, les bières australiennes et belges et la bonne vielle 50, je peux dire que 2014 est une année exceptionnelle. Non, je te dis pas ça parce que j’ai trop bu. Je le pense vraiment.

Vrai qu’à chaque année je considère qu’il y a eu de la mautadine de bonne musique métallique. Par contre, 2014 entre à mon humble avis dans une catégorie à part. Pour que j’aie du mal à établir un top 50, faute d’une surabondance de matériel de qualité, c’est qu’il s’en est produit, des records de haut calibre.

Le pire, c’est que même après m’être saoulé de toute cette musique, j’ai encore et toujours « soif dans yeule tabarnak » !

En attendant de pouvoir connaître mon ultime top 10 qui se retrouvera dans le très attendu BestOv 2014 sur Boulevard Brutal, je vous suggère le reste des meilleurs albums métal de 2014, étalé sur quelques billets au cours du mois de décembre.

Voici donc les positions 30 à 21.

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30. PRIMORDIAL – Where Greater Men Have Fallen
Black/Folk/Celtique | Irlande
(Metal Blade)

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Lorsque j’ai entendu pour la première fois l’extrait Come the Flood, tiré du tout récent Where Greater Men Have Fallen, j’ai d’abord ressenti des frissons et été par la suite en confiance, convaincu que Primordial allait livrer un album digne de la réputation qui précède la formation. Je n’ai pas eu tort! Ce huitième enregistrement du quintette irlandais qui combine au métal son folklore celtique, n’est peut-être pas aussi puissant que To The Nameless Dead (quand même difficile à surpasser), mais figure parmi ses meilleures offrandes. Si vous avez besoin de vous sentir héroïque, courageux et victorieux, ne cherchez pas plus loin!

29. NUX VOMICA – Nux Vomica
Crust | États-Unis
(Relapse)

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Formé à Baltimore et désormais basé à Portland, le groupe – catégorisons-le de crust – Nux Vomica arrive avec un troisième disque, le premier à paraître sur l’étiquette Relapse. Composé de trois longues pièces, ce disque éponyme fait vivre une panoplie d’émotions qui écorchent à vif. Entre ses moments d’accalmies et ses passages ambiants, Nux Vomica fonce dans le tas, tantôt avec des riffs lourds et des cris enragés, tantôt avec des d-beat accompagnant des lignes musicales à la fois sombres, mélodiques et chargées d’une urgence qui prend aux tripes. Chacun des morceaux nous réserve son lot de surprises, mais le second titre, Reeling, tout comme l’imposante dernière pièce frôlant les 20 minutes (Choked at the Roots) camouflent des sections puissantes.

28. CROWBAR – Symmetry In Black
Sludge | États-Unis
(Entertainment One)

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L’écoute de Symmetry In Black m’a fait revivre, dans une certaine mesure, cette (glorieuse) période de la première moitié des années 90 où la scène métal connaissait une explosion de groupes et d’albums aussi marquants que de grande qualité. Tout comme le retour d’Eyehategod cette année, ce 10e enregistrement est franchement bienvenu. Mais au-delà de la nostalgie, Symmetry In Black a non seulement de quoi ravir les fans de sludge et de métal issus de la Nouvelle-Orléans (la pochette est cousine avec celle de NOLA de Down), mais agit aussi en tant que manifeste, démontrant avec aplomb qu’un groupe de la trempe de Crowbar a toujours sa raison d’être vingt ans plus tard. On demeure en terrain connu, n’empêche que Crowbar livre un solide effort aussi pesant que groovy, avec d’excellentes compos telles que Walk With Knowledge Wisely, The Taste of Dying, Reflection of Deceit et l’instrumentale The Piety of Self-Loathing venant enfoncer un dernier clou à cet opus honorable.

27. YOB – Clearing The Path Ascend
Doom | États-Unis
(Neurot)

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Si la seconde moitié de Marrow, la quatrième et dernière pièce de ce fameux Clearing The Path Ascend te laisse indifférent, c’est plate à dire, mais je pense qu’on ne s’entendrait pas bien, toi et moi. En tout cas, pour ma part, ça me fait planer solide. Mais cet album de Yob n’est pas que planant ou méditatif. Oh que non. C’est lourd, dense, parfois sombre et foutrement heavy. C’est aussi très senti et il s’agit du répertoire du trio qui m’interpelle le plus. Leur travail le mieux accompli à ce jour, à mon humble avis. Yob forme, aux côtés de Pallbearer, l’une des manifestations américaines du doom les plus intéressantes en ce moment.

26. HERDER – Gods
Sludge/Doom | Pays-Bas
(Reflection Records)

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Ayant tourné avec Beastmilk et Doomriders au printemps dernier, on présume que la bande néerlandaise de Herder est ainsi parvenue à se faire connaitre davantage, ce qui fait notre bonheur. C’est vrai, quoi! Sans cette tournée, les chances que la musique sludge/doom destructrice de ce quintette parvienne à nos oreilles auraient probablement été plus minces. Toujours est-il que Gods, disque suivant leur premier effort (Self Titled paru en 2011), poursuit dans la même lignée, avec un peu plus de hargne (Maelstrom), particulièrement au niveau de la voix (Ché, enragé). Les arrangements passent, eux aussi, à un niveau supérieur. De fait, quelques touches orientales (Gods) et tribales (Pythia, non pas sans rappeler Sepultura à l’époque de Roots), voire mystiques (Asylum of the Forgotten), amènent une dimension intéressante qui plus est, semble cohérente, du moins avec le titre de cet opus. Ça écorche et ça donne envie de headbanger à la mort. ‘Fait que, crinque le volume jusqu’à ce que la terre gronde, histoire de faire trembler les dieux… ou tes voisins!

25. BEYOND CREATION | Earthborn Evolution
Death metal technique | Québec, Canada
(Season Of Mist)

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Les musiciens québécois de Beyond Creation offrent une fois de plus toute une leçon de death métal technique. Contrairement à d’autres groupes évoluant dans la même niche de ce sous-genre, les métalleux de Montréal évitent le piège de la surenchère de notes et de la production ultra saturée au détriment de la musicalité. En effet, Beyond Creation nous sert certes une bonne dose de virtuosité et de technicité, mais toutes les pièces sont relativement accessibles et on sent que le groupe s’efforce de construire de compositions qui se tiennent. Tous les musiciens offrent une exécution notable, mais l’attrait majeur demeure le bassiste Dominic « Forest » Lapointe, dont le jeu évoquera pour certains celui de Steve DiGiorgio (Sadus, Death). Earthborn Evolution n’est pas aussi surprenant que The Aura, mais demeure un honorable second opus.

24. NONEUCLID – Methatheosis
Death/Thrash technique | Allemagne
(Blood Music)

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Noneuclid est un genre de super-groupe sans «véritables» têtes d’affiche. Sauf que lorsque l’on sait que ces musiciens sont issus de formations telles qu’Obscura, Triptykon et Dark Fortress, on a intérêt à ne pas lever le nez sur Methatheosis, second effort de ce side project qui mérite toute votre attention. Relativement original, mais surtout exploratoire et avant-gardiste, Noneuclid parvient à nous propulser dans un univers musical où l’on ne se sent, étrangement, pas si dépaysé que ça. Nous pouvons être certes déstabilisés ou surpris à bon nombre d’occasions, mais leur thrash évoquant Coroner, leur métal pesant pas si loin de Celtic Frost ou Triptykon (The Black Plague of the Souls), les blast beats et les passages death plus conventionnels, apportent des point de repères rassurants. C’est la manière dont toutes ses influences sont agencées – on retrouve des sections jazzées à la Cynic ou des citations orientales (l’oud sur Paranoid Alkaloid, les percussions sur Into The Light, Pt. I et quelques mélodies arabisantes ici et là) – faisant de Methatheosis un album si diversifié. Enfin, ce qui est encore plus intéressant, c’est que le disque se bonifie au fil des écoutes.

23. HAIL SPIRIT NOIR – Oi Magoi
Black progressif | Grèce
(code666)

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Haris et Theoharis, deux musiciens de l’intéressante formation grecque Transcending Bizarre?, mettait sur pied en 2010 Hail Spirit Noir. Side project dont à peu près personne ne soupçonnait l’existence, jusqu’à ce que le duo lance en 2012 un tout premier disque intitulé Pneuma. S’il vous arrive de me lire de temps à autres (merci, merci!), peut-être avez-vous déjà aperçu le nom d’Hail Spirit Noir, puisque leur fameux Pneuma obtenait la palme de l’«Album de l’année» dans mon Best Ov 2012. Nul besoin de vous préciser que mes attentes envers Oi Magoi étaient forcément très élevées. Heureusement, Oi Magoi, l’effet de surprise en moins, se présente comme un digne successeur de Pneuma. Cet album «black métal psychoprog remplit de mélodies planantes et d’extase satyrique» apporte un vaste univers de références, évoquant dans une certaine mesure Zappa, Goblin et Patton dans un univers cauchemardesque qu’aurait pu filmer Fellini.

22. SPECTRAL LORE – III
Black/Ambient/Progressif | Grèce
(Indépendant)

iii

En toute franchise, si l’ensemble de III avait été à l’image de l’entrée en matière (Omphalos), ce disque de Spectral Lore ne ce serait pas retrouvé au sein de ce palmarès. En effet, le premier titre, sans être mauvais, est fort (trop) chargé. Il y a vraiment beaucoup de couches superposées et c’est très mouvementé. Du genre étourdissant… Heureusement il en est tout autrement pour la suite des choses. Oui, on y retrouve une effervescence d’idées, mais les compositions respirent beaucoup plus. Déjà, dès la seconde pièce, on se retrouve face à une oeuvre transcendante où les différentes sections réservent d’étonnants passages. L’arrivée inattendue de la clarinette sur The Veiled Garden va te scier les jambes en deux tellement c’est somptueux. Opus ambitieux s’il en est un, le travail du musicien grec derrière Spectral Lore, Ayloss, s’apparente à la démarche d’Austin Lunn de Panopticon. III regorge d’arrangements riches et de lignes mélodiques colossales, tout en laissant place à des moments d’accalmies et des segments acoustiques/folk (Drifting Throguh Moss and Ancient Stone) rappelant un peu ce que peut faire le groupe québécois Gris. Puissant!

21. MASTODON – Once More ‘Round The Sun
Sludge/Metal | États-Unis
(Reprise Records)

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Heavy ou pas heavy? Telle est la question. Une question que plusieurs se posent lorsqu’un groupe métal commence à emprunter une voix dites plus «commerciale». C’est le cas de Mastodon, dont la direction a pris un tournant inquiétant pour les fans qui ne juraient que par les albums concepts du groupe. Ainsi, avec The Hunter en 2011, le quatuor d’Atlanta se rapprochait davantage du hard rock, tout en conservant un côté progressif. On peut en dire tout autant de Once More ‘Round The Sun, suite logique à The Hunter, musicalement parlant du moins. Décrit par le groupe comme un «album d’été», les musiciens ont choisi de livrer un contenu plus «lumineux» étant donné les multiples et lourdes épreuves vécues par plusieurs des membres de la formation. Honnêtement, que Mastodon soit heavy ou pas, je n’en ai pas grand chose à faire. Ce qui m’intéresse surtout, c’est de savoir si les musiciens sont capables de livrer de la bonne musique, et la réponse est oui. Sans équivoque. Mastodon a un sens de la composition hors du commun. Chacune des pièces de ce plus récent disque réserve d’agréables surprises auditives, et que dire des refrains accrocheurs et hautement satisfaisants. Mes préférées du lot : Thread Lightly, High Road, Chimes at Midnight, Feast Your Eyes, Aunt Lisa et Ember City.


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