Le métalcoolique que je suis a passé l’année à s’abreuver de métal de tous les styles et de tous les horizons. J’ai donc bu du tord-boyaux qui décape en simonac et siroter quelques breuvages pas piqué des vers. De l’aquavit en passant par la koskenkorva, l’ouzo, le ratzeputz, le bourbon, le vin espagnol, les bières australiennes et belges et la bonne vielle 50, je peux dire que 2014 est une année exceptionnelle. Non, je te dis pas ça parce que j’ai trop bu. Je le pense vraiment.

Vrai qu’à chaque année je considère qu’il y a eu de la mautadine de bonne musique métallique. Par contre, 2014 entre à mon humble avis dans une catégorie à part. Pour que j’aie du mal à établir un top 50, faute d’une surabondance de matériel de qualité, c’est qu’il s’en est produit, des records de haut calibre.

Le pire, c’est que même après m’être saoulé de toute cette musique, j’ai encore et toujours « soif dans yeule tabarnak » !

En attendant de pouvoir connaître mon ultime top 10 qui se retrouvera dans le très attendu BestOv 2014 sur Boulevard Brutal, je vous suggère le reste des meilleurs albums métal de 2014, étalé sur quelques billets au cours du mois de décembre.

Voici donc les positions 50 à 41.

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50. THE SKULL – For Those Which Are Asleep
Doom Metal | États-Unis
(Tee Pee Records)

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Pour faire simple, si on compare For Those Which Are Asleep à l’album 13 de Black Sabbath paru l’an dernier, on peut dire que le groupe The Skull surpasse les maîtres du genre haut la main. Pourquoi comparer The Skull à Sabbath? Qui sont The Skull, bordel de merde? The Skull est notamment composé d’une majorité d’ex-membres de Trouble, ce groupe doom/heavy américain fortement influencé par Sabbath. La venue de The Skull est pour ainsi dire un «pseudo» retour qui mérite donc l’attention des fans des groupes pré-cités. Inutile de vous préciser que ces gars-là ont du métier dans le corps. Et puis, ils maîtrisent l’art des couplets/refrains accrocheurs, alors que le tout est gonflé à bloc par un son de guitare énorme et bien lourd. Évoquant par moment Ozzy, Axl Rose (effet de la voix doublée avec un octave inférieur) et même Bowie, le chanteur Eric Wagner est aussi très en voix. Bref, For Those Which Are Asleep est un solide disque franchement loin d’être ennuyant qu’on gagne à ne pas ignorer. Croyez-moi!

49. AT DUSK – Anhedonia
Black Metal | États-Unis
(Indépendant)

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Composé de quatre titres totalisant 60 minutes de musique, Anhedonia est un opus de black métal proposé par le musicien américain Korihor, qui publie sa musique sous le nom de At Dusk. Dense, mélancolique et atmosphérique, la production (très) lo-fi confère un enrobage tout indiqué pour ce genre de projet. PVI, l’anhédonie est un symptôme se traduisant par une incapacité à ressentir des émotions positives. Cela donne une idée de l’ambiance dépressive qui peut se dégager de cet album où les lignes de guitares ne sont rien de moins que splendides. Les arrangements de piano, d’orgue et la subtilité des séquenceurs et effets sonores sont tout à fait bienvenue et bien intégrés au mix général.

48. HOLLOW – Mordrake
Black Metal | Québec, Canada
(Indépendant)

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Je le répète souvent, en matière d’utilisation de séquenceurs orchestraux, je suis sans pitié lorsque ceux-ci souffrent d’un manque de réalisme. Malheureusement, c’est trop souvent le cas dans le métal. Et c’est un peu ce qui passe pour le groupe de black symphonique montréalais Hollow. Mais, étant donné la qualité des arrangements, je ne serai pas trop ingrat face à Hollow avec ce détail, d’autant plus que le premier opus du groupe, Mordrake, s’avère très bon. Disons que si Dissection avait eu un trip à la Dimmu Borgir, ça aurait probablement donné quelque chose comme la proposition d’Hollow. Ici, on a affaire a du black mélodique aux envolées de guitares d’une efficacité redoutable. Toutes les compositions ne sont peut-être pas du calibre de Lament Configuration, A New Life, Landscape, ou encore des trois derniers titres relatant le récit d’Edward Mordrake, cet homme, qui, au 19e siècle aurait souffert de diprosopie (il avait un second visage derrière la tête), mais l’ensemble est d’une qualité notable, justifiant sans gêne sa place au sein de ce palmarès de fin d’année.

47. CODE ORANGE – I Am King
Metal/Hardcore | États-Unis
(Deathwish Inc.)

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Ils franchissent à peine le cap de la vingtaine, pourtant le quatuor jadis nommé Code Orange Kids témoigne d’un bagage musical assez intéressant. En effet, avec Kurt Ballou derrière la console, ces jeunes adultes nous servent sur ce second effort intitulé I Am King, un amalgame d’influences éclectiques, mais toujours sous le signe d’une même agressivité qui défonce les tympans à coup sûr. C’est étrange, lourd, lent, rapide, les rythmiques sont déstabilisantes, on y retrouve même des grooves avec quelques influences électro et industrielles, mais c’est salement heavy! Malgré toutes les références qu’on peut dénoter, on sent que Code Orange construit peu à peu sa propre sonorité, ce qui risque d’en faire une formation unique d’ici quelques années. On leur souhaite en tout les cas.

46. DEATH PENALTY – Death Penalty
Heavy/Doom | UK/Belgique
(Rise Above Records)

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Il y a Castle et The Oath, mais il y a également Death Penalty qui offre une mouture de heavy metal puisant aux sources du doom et des années 70/80 avec une voix féminine à l’avant-plan (la belge Michelle Nocon, ex-Serpentcult). On pourrait commencer à penser que ça sent la gimmick, d’autant plus que Death Penalty se trouve dans la même écurie que la déjà défunte formation The Oath (Rise Above Records). Mais étant donné que Death Penalty compte dans ses rangs le guitariste de Cathedral, Gaz Jennings, on ne lèvera pas le nez sur cette production. Et ce n’est pas la fin de Cathedral qui a coupé l’inspiration au musicien qui détient encore dans son sac une poignée de riffs monstrueux et dévastateurs! L’apport de Jennings est d’ailleurs la plus grande force de ce premier album éponyme, quoi que plusieurs risquent d’être aussi envoûtés par la voix de la chanteuse.

45. BARF – Brule Consume Torture
Death/Grindcore | Québec, Canada
(Indica)

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Apprécié par une horde de fidèles durant les années 1980-1990, B.A.R.F. est un groupe de grind/death qui, à mon humble avis, a toujours été sous-estimé. On ne se racontera pas d’histoires, le retour de B.A.R.F. n’a pas eu la même portée que celui de Carcass ou At The Gates. La barrière de la langue a peut-être affecté la popularité du groupe à l’échelle internationale. Pourtant, les troubadours de l’extrême underground québécois, avec son inimitable frontman Marc Vaillancourt, ont démontré que, musicalement parlant, ils pouvaient faire aussi bien, sinon mieux qu’un tas de grosses pointures. Et puis, c’est en français qu’il tue ce band. Bref, Brûle Consume Torture n’est pas aussi fort que Ignorance Chaos Suicide ou Surprise, mais comporte beaucoup de solide (la pièce titre, Crever d’soif, Antidote, Misère Noire).

44. WOODS OF DESOLATION – As The Stars
Black/Post-Metal/Shoegaze | Australie
(Northern Silence Production)

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Troisième disque de ce projet initié par le musicien Australien D. (ex-Grey Water et ex-Forest Mysticism), As The Stars de Woods of Desolation devrait intéresser ceux et celles qui ce sont pâmés à l’écoute de Sunbather de Deafheaven. Au-delà de cette comparaison, Woods of Desolation donne dans un black/shoegaze incroyablement accrocheur. D’ailleurs, sachez qu’As The Stars comporte des titres dépassant rarement le cap des 5 minutes, donnant des morceaux certes plus condensés, mais allant surtout droit au but. À la fois mélodique et lumineux, cet album envoûtant possède son lot de passages mélancoliques et agressifs, conférant à l’ensemble de l’oeuvre un côté dramatique assez puissant qui pénètre jusqu’aux entrailles.

43. TRIUMPHANT – Herald The Unsung
Thrash/Black | Autriche
(Heavy Force Records)

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Bien sûr, ils ne sont pas les premiers à nous servir du blackened thrash metal mais les gars de Triumphant le font avec doigté sur le très bon Herald The Unsung. Démarrant avec une ténébreuse introduction, les Autrichiens se déchaînent ensuite violemment sur Nahczehrer. Et ça se poursuit de plus belle jusqu’à la jouissive conclusion (Triumphant) qui transpire les années 80, cris perçants en prime! La couverture de l’album – une reproduction d’un tableau de Josef Mandel – est über cool!

42. RIGOR MORTIS – Slaves To The Grave
Thrash Metal | États-Unis
(Rigor Mortis)

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Le groupe thrash américain apprécié et respecté, mais pas le plus connu de tous, Rigor Mortis, refaisait surface cette année avec Slaves to the Grave, un album significatif pour la formation. D’abord car il s’agit du lègue du guitariste Mike Scaccia, décédé prématurément en 2012. Mais aussi puisque ce retour – qui s’avère probablement une finalité par la même occasion – se présente possiblement comme la meilleure parution thrash metal de l’année. Rigor Mortis n’a rien perdu de sa fougue, exécutant des pièces à une rapidité enlevante (le picking est tight en svp), tout en garochant aux fans des riffs d’une efficacité redoutable.

41. NASHEIM – Solens Vemod
Black Metal | Suède
(Northern Silence Productions)

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Projet d’un seul homme (Erik Grahn) qui joue de tout, à l’exception des passages aux violon et violoncelle, Nasheim nous provient d’un pays où le métal est incommensurable : la Suède. L’entité musicale existe depuis 2001, mais Solens Vemod (qui se traduirait par la «mélancolie du soleil») est le tout premier album complet de Nasheim. Un enregistrement notable qui s’amorce par la majestueuse et planante En nyckel till drömmars grind (Une clé à la porte des rêves, si Google Traduction est fiable). Nous catapultant dans une introduction de black métal – disons plus «traditionnel», la seconde pièce nous transporte vers des élans d’inspirations musicales épiques. D’ailleurs, la puissante conclusion de cette deuxième piste nous prépare à la composition la plus accessible du lot. Alternant entre sections mélodiques, guitares acoustiques et violents blast beats, elle comporte suffisamment de lignes accrocheuses pour vous convaincre que Nasheim mérite votre attention.


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