D’abord, vous vous demanderez peut-être pourquoi les positions #15 à #1 ne figurent pas dans cet article. La réponse est simple: elles seront publiées dans le Best Ov 2015 sur Boulevard Brutal.

Maintenant, avant de vous dévoiler les positions 60 à 16, je tenais à souligner qu’en revisitant tout ce que j’ai pu entendre émanant de la scène métallique de l’an 2015 après la naissance du p’tit christ Jésus, on peut constater que celle-ci est toujours bien en santé. J’ai certes dénoté que certains groupes majeurs jouissent d’un statut de légende qui agit presque comme une immunité diplomatique auprès des fans et des journalistes. En revanche, il y a d’autres groupes de vétérans, moins connus, mais respectés, qui ont démontré qu’ils avaient encore quelque chose de pertinent à apporter dans le paysage. Pas pour rien que plusieurs d’entre eux se taillent une place de choix dans mon palmarès.

Enfin, concernant l’ordre de cette liste, il n’y en pas vraiment. Pourquoi? Pour la simple et bonne raison qu’il était souvent très difficile pour moi d’avoir à justifier leur positionnement. À mon humble avis,  ils méritent tous d’être entendus. J’y suis donc tout simplement allé avec un ordre alphabétique.

Alors, préparez-vous à scroller, puisque j’inclus tous les albums dans un seul et même article. Je profite de l’occasion afin de vous souhaiter une période des Fêtes remplie de métal et de moments heureux avec ceux que vous aimez. Et comme dirait Grindcardo : Devil câlisse!

\m/ (><) \m/

60 – A FOREST OF STARS – Beware The Sword You Cannot See
(Lupus Lounge / Prophecy Productions)


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Beware The Sword You Cannot See m’a tout de suite envoûté. Combinant théâtralité, ambiances sonores, voire même expérimentation à un black métal à la fois extrême et progressif, A Forest Of Stars a, de toute évidence, gagné en maturité. Le sentiment d’urgence et l’aspect dramatique et mélancolique exploités plus que jamais sur ce récent album rendent soudainement la musique du groupe plus prenante. Survolant un vaste éventail de genres musicaux, Beware The Sword You Cannot See demeure une œuvre d’une cohérence qui ne dérive jamais.

59 – ABYSS – Heretical Anatomy
(20 Buck Spin)


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Simonac! Ça bûche en caltore le métal en provenance de Toronto. Abyss en est bien la preuve. Et pour les aider à nous garocher leur death métal horrifique de crottés, la bande a fait appel à Joel Grind (Toxic Holocaust) pour le mix et le mastering. Inutile de vous préciser que cet Heretical Anatomy marque au fer rouge. Seul grand reproche : l’album, regorgeant de hargne, de crust et de d-beat, est un peu court (20 minutes au total).

58 – ALKALOID – The Malkuth Grimoire
(Indépendant / Brutal Panda)

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Composé de membres de Noneuclid, Dark Fortress et Obscrua, le quintette arrive avec un tout premier album impressionnant. La musique tend autant vers le death métal technique que le métal progressif, avec une petite touche d’avant-garde. Ça rentre au poste, on a droit à de multiples riffs et solos enlevants et malgré son imposant 73 minutes, on ne s’ennuie pas un seul instant sur ce fameux The Malkuth Grimoire.

57 – ANONYMUS – Envers et contre tous
(Boîte à musique)

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Anonymus roule sa bosse depuis un peu plus de 25 ans et on constate avec grand plaisir que ces thrashers québécois n’ont rien perdu de leur fougue. Envers et contre tous, en plus d’en être la preuve, s’avère la meilleure offrande du band depuis un sacré moment. Franchement, bien que leur discographie demeure solide dans l’ensemble, je n’avais pas éprouvé autant de satisfaction à l’écoute d’un de leurs albums depuis Stress. Saluons la production rentre-dedans, gracieuseté du guitariste Jef Fortin.

56 – ARCTURUS – Arcturian
(Prophecy)

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Je n’avais pas la moindre idée que le groupe norvégien avait repris ses activités suite à sa mort annoncée quelque part vers 2007. C’est avec étonnement et tout autant d’enthousiasme que j’ai donc accueilli le plus récent album intitulé Arcturian, un enregistrement salement réussi. Fidèles à eux-mêmes, les musiciens d’Arcturus donnent toujours dans le black d’avant-garde, combinant avec un savant dosage des riffs dévastateurs (AngstPale), de l’électronique (WarpDemon) et des arrangements orchestraux bien foutus. D’ailleurs les lignes de violon sur The Journey sont sublimes. Un prodigieux retour en force!

55 – BEATEN TO DEATH – Unplugged
(Mas-Kina Recordings)


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Avec un titre de pièce tel que Don’t You Dare To Call Us Heavy Metal, les norvégiens de Beaten to Death seraient-ils des trolls du grindcore? Possible, mais on s’en balance un peu. Une chose est certaine, BTD se plait à repousser les limites en citant tout leur bagage musical qui déborde du cadre du sous-genre. L’humour semble également faire partie intégrante de leur approche, chose qu’on n’observe que très peu – pour ne pas dire jamais – dans cette branche du métal extrême. Cela n’enlève absolument rien à la décharge de 21 minutes que nous catapulte sur Unplugged l’une des formations les plus rafraîchissantes du genre.

54 – CLUTCH – Psychic Warfare
(Weathermaker Music)

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X-Ray Visions, man. X-Ray Visions!

53 – CREEPING – Revenant
(Daemon Worship / Iron Bonehead)


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En voilà un groupe qui porte très bien son nom! Creeping laisse définitivement un arrière-goût inquiétant qui donne la chair de poule. D’autant plus que le titre de ce 3e disque, Revenant, lève le voile sur ce que nous réserve le groupe de doom/black néo-zélandais : une musique poisseuse et ténébreuse. Revenant évoque donc à la fois des éléments de Craft ou encore de Thantifaxath (les dissonances harmoniques), mais surtout, le même genre d’atmosphère glauque si bien servie par Emptiness sur Nothing but the Whole. Je vous mets au défi d’écouter cet album dans le noir le plus total, et de ne pas frisonner à l’idée d’être visité par un spectre menaçant.

52 – CRUCIAMENTUM – Charnel Passages
(Profound Lore)


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Si vous préférez votre death métal à la sauce old school concoctée dans une marmite crasseuse et laissant un arrière-goût un peu louche, ne cherchez plus de midi à quatorze heures. Cruciamentum détient la recette gagnante. Un peu comme l’avait fait Dead Congregation l’an dernier, le groupe britannique s’approprie le genre en y ajoutant une touche qui lui est propre. La formule est impitoyable et laissera des cicatrices profondes chez l’auditeur. Charnel Passages est lourd, sombre, féroce et foutrement efficace.

51 – CRYPT SERMON – Out of the Garden
(Dark Descent)


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Constitué en partie de membres des groupes  Trenchrot et Unrest, ce nouveau venu dans le paysage du doom métal américain mérite toute votre attention. On ne se le cachera pas : l’influence de Candlemass est omniprésente sur Out of the Garden. Celle de Solitude Aeternus également. Malgré tout, Crypt Sermon fait honneur au genre grâce à de mémorables compositions où de superbes solos émergent.

50 – DEATHHAMMER – Evil Power
(Hells Headbangers)


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Pour une écoute dans la plus pure tradition des métalleux old school, je t’ordonne de te procurer la cassette d’Evil Power! L’expérience te marquera encore plus au fer rouge. Tu souhaites hausser d’un cran ton expérience? Le port du jean noir bien tights, d’espadrilles Adidas et de gants cloutés est alors recommandé. Je pense que ça fera plaisir au duo norvégien Deathhammer qui ne niaise pas avec ça, le thrash métal noirci. Les gars ont ouvert un portail spatio-temporel qui ramène sur Terre les adorateurs du diable de l’an 1985. Satan is back en tabarnak!

49 – FAITH NO MORE – Sol Invictus
(Ipecac)

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Je ne vais pas répéter tout ce que j’ai écrit dans ma critique en duo où vous pouvez également y découvrir l’avis de mon camarade de Boulevard Brutal, Steve Dallaire . Mais si vous n’avez pas le coeur à cliquer sur le lien, car vous souffrez d’une tendinite à l’index, sachez que Sol Invictus se bonifie au fil des écoutes. En gros, c’est pas mal leur meilleur album de Faith No More depuis Angel Dust.

48 – FUCK THE FACTS – Desire Will Rot
(Noise Salvation)


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Enregistré il y a déjà quelques années, Fuck The Facts fait paraître l’étonnant Desire Will Rot. Le quintette propose, à mon sens, un enregistrement maîtrisé qui s’avère riche (Shadows CollidePrey), exploratoire (Circle), mais surtout plus diversifié. Conservant sa base de grindcore, FTF surprend avec de nombreux changements citant d’autres sous-genres du métal. Prenez par exemple Storm of Silence qui incarne la puissance même avec son d-beat effréné sur un riff d’ouverture complètement déchaîné et tout aussi mélodique. Ou encore, la superbe conclusion de False Hope dont les guitares langoureuses font penser à Orion de Metallica. Desire Will Rot est une très belle réussite.

47 – GOROD – A Maze of Recycled Creeds
(Listenable Records)


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Au premier coup d’oeil de la couverture, on constate que la troupe française propose un nouveau logo. Indicateur d’un changement de cap? On pourrait croire que oui à l’écoute à l’écoute de Air de l’ordre, introduction qui semble sortir du répertoire de Debussy. Mais Gorod demeure toujours aussi heavy avec son death metal technique pas piqué des vers. A Maze of Recycled Creeds n’est peut-être pas le plus accrocheur des albums du groupe au premier abord, mais il n’en demeure pas moins tout aussi intéressant. En tout les cas, cet enregistrement est marqué par une cohésion qu’on avait peu discerné chez la bande jusqu’à présent.

46 –HATE ETERNAL – Infernus
(Season Of Mist)

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Morbid Angel, Behemoth et Krisiun figurent sur ta liste de groupes death métal favoris? Garoche-toé sur Hate Eternal, si tu connais pas encore ça! Infernus est leur 6e album en carrière et il s’agit peut-être bien de leur enregistrement le plus accompli à ce jour. Il faudra certes plus de recul pour confirmer cette évantualité, n’empêche que Hate Eternal frappe fort sur The Stygian DeepInfernus et O’ Majestic Being, Hear My Call. Avec sa combinaison d’intensité, de rapidité et de brutalité, parsemée de quelques phrases plus lyriques, Infernus ne peut pas laisser les amateurs de gros death sale indifférents.

45 –HAVUKRUUNU – Havulinnaan
(Naturmacht Productions)


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Avec l’esprit folklorique de Moonsorow et Bathory, combiné à l’énergie hargneuse et l’aspect mélodique de Dissection ou encore Immortal, Havukruunu propose un premier enregistrement complet étonnant. Havulinnaan se présente ainsi comme un album de black métal des plus invitants, d’autant plus qu’il regorge de passages épiques, de riffs galopants et de solos hyper mélodieux. Un disque idéal pour la saison froide.

44 – HIGH ON FIRE – Luminiferous
(eOne Music)

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Sacre bleu! Nom d’un chien! Saint ciboire d’ostensoir de christ! Je suis sur le cul. Accordant un certain intérêt à la bande de stoners que sont High on Fire, je n’ai jamais été leur plus grand fan. Mais là, la donne a changé. Je ne crois pas me mettre à écouter tous leurs albums précédents en boucle, mais je suis un fervent de Luminiferous. Ça, c’est certain! Je veux dire, cet opus est le Saint Graal du band. Tout est au top. Les riffs, la rythmique, les solos, la voix. Ça arrache, ça groove, ça tue, ça torche!

43 – HOODED MENACE – Darkness Drips Forth
(Relapse)


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Du doom/death pesant, crasseux et dégoulinant, c’est bien. Mais avec Hooded Menace, c’est encore mieux, puisque les Finlandais parsèment toujours leurs compos d’échanges mélodique entre les guitares. Constitué de quatre morceaux d’une durée de plus ou moins 10 minutes chacun, Hooded Menace se surpasse sur Darkness Drips Forth avec la magistrale Elysium of Dripping Death. Cette pièce m’a d’ailleurs fait ressentir ce qu’on appelle des «émotions». Oui. Ça se peut. Même quand on écoute du gros métal pas propre.

42 – IMMORTAL BIRD – Empress/Abcess
(Indépendant)


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Immortal Bird est un band de Chicago dont l’un des membres, le guitariste Evan Berry, se retrouve également au sein de la formation Wilderun. D’ailleurs, si vous n’avez pas encore entendu le second effort de Wilderun, c’est absolument magistral (voyez cela comme un indice non-négligeable de mon Best Ov 2015). Bref, tout ça pour souligner que les projets dans lesquels est impliqué le musicien portent tous un sceau d’excellence. Empress/Abcess surprend avec son métal décapant qui puise aux sources du grindcore, du death et du black. De plus, l’album est gracié d’un mix et d’un mastering signé par le toujours aussi prolifique et talentueux Colin Marston.

41 – KAUAN – Sorni Nai
(Blood Music)

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Kauan est un groupe d’origine russe, désormais basé en Ukraine, qui chante en finlandais. Ça a déjà quelque chose de particulier. Et ce groupe, qui donnait jadis dans le folk/doom a évolué vers le post-rock. Ce n’est plus tellement métal, me direz-vous, mais on retrouve tout de même des relents du genre. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que le 6e album de Kauan, Sorni Nai, est d’une beauté saisissante. Il s’agit d’un album concept relatant une tragédie s’étant déroulé en Russie en 1959, où 9 skieurs ont été retrouvés morts dans des circonstances mystérieuses. Ai-je besoin de vous préciser que la mélancolie est rendez-vous.

40 – KHEMMIS – Absolution
(20 Buck Spin)


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Vous aimez votre doom bien huilé avec un zeste de phrasés mélodiques? Ne cherchez pas plus loin. Khemmis a la recette gagnante. Riffs sabatthiens, guitar licks bluesy, lignes vocales à la Pallbearer. Khemmis possède tous les atours pour obtenir, dans sa catégorie, le titre de révélation de l’année. Bien que Torn Asunderet Burden Of Sin retiennent l’attention sur le champ, les six titres qui composent l’opus Absolution sont tous dignes d’intérêt. Et que dire de la pochette. C’est pas assez épique à ton goût, ça?

39 – KRALLICE – Ygg Huur
(Indépendant / Avantgarde Music)

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Puisque je mentionnais tout juste Colin Marston (voir Immortal Bird ci-haut), multi-instrumentiste et bête de studio hyperactif, celui-ci propose avec le groupe Krallice un quatrième effort, qui, malgré son black avant-gardiste plutôt hermétique, semble rallier de nombreux fans de musique extrême. Même ses détracteurs! On sent la marque du passage de Marston au sein de Gorguts, mais au-delà de cette influence, Ygg Huur s’avère un opus certes complexe, mais ô combien stimulant. Tes neurones vont chauffer en ta’!

38 – LEPROUS – The Congregation
(Inside Out)

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The Congregation ne m’a pas atteint avec la même puissance que son prédécesseur (Coal), mais ce cinquième album de Leprous se révèle à la hauteur de mes attentes. The Congregation confirme également que le groupe de métal progressif semble avoir bien défini son identité musicale. En effet, ce récent enregistrement va dans la même direction que Coal. L’album ouvre en force avec l’accrocheuse et efficace The Price et Leprous enchaîne avec une série de compositions vraiment bien écrites. The Congregation perd un peu de son éclat à partir de Triumphant, qui n’est pas mauvaise, mais qui nous laisse sur notre faim. Les choses se replacent peu à peu avec Red, tandis que le chanteur et claviériste Einar Solberg parvient encore une fois à m’achever solide avec les refrains sur les poignantes Slave et Down.

37 – LEVIATHAN – Scar Sighted
(Profound Lore)


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Musicien extrêmement prolifique, Jef Whitehead, mieux connu sous le pseudonyme Wrest, est de retour avec un cinquième opus (sixième, selon certains sites) pour son projet Leviathan. Ainsi, cette figure mythique de la scène du black métal américain (USBM) nous livre avec ce Scar Sighted une œuvre aussi complexe que chargée. Sombre, dense et même introspectif par endroits, Whitehead dépasse les frontières propres du genre. On ne s’en étonne guère en sachant qu’il a puisé dans son vaste répertoire pour donner naissance à un disque qui demande certes un effort d’écoute qui se trouve récompensé par une proposition saisissante.

36 – LUCIFER – Lucifer I
(Rise Above Records)

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Je vais te faire une confidence. En fait, ce n’est plus un secret. Je l’ai crié haut et fort sur les réseaux sociaux. Même ma blonde est au courant… J’ai un p’tit kick sur Johanna Sadonis. Ça remonte à The Oath, ancien groupe de la chanteuse qui ne faisait paraître qu’un seul album éponyme avant de rendre l’âme. Toujours sur l’étiquette Rise Above Records, l’envoûtante blonde s’associe notamment au guitariste Gaz Jennings (ex-Cathedral et Death Penalty) pour livrer un premier disque intitulé Lucifer I. La formule s’apparente à The Oath, c’est à dire qu’on demeure dans les thématiques de l’occultisme avec un doom/heavy qui prend racine dans l’héritage de Sabbath et cie.  Avec des pièces telles que Abracadabra et Izrael, Lucifer devrait vous donner envie de vous laisser charmer.

35 – LYCHGATE – An Antidote for the Glass Pill
(Blood Music)


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Très chers frères et très chères sœurs, bienvenue dans cet endroit sacré où l’on vénère autant la musique classique que le black métal. Un lieu où le spectre musical est vaste, lugubre, nourrissant, fascinant. Projet d’avant-garde constitué de membres d’Esoteric, The One, Macabre Omen, Lunar Aurora et Omega Centauri, ce second disque de Lychgate est aussi stimulant dans sa démarche qu’au niveau du résultat. An Antidote for the Glass Pill est d’abord marquant par l’utilisation d’un véritable orgue qui a prédominance sur l’ensemble de l’oeuvre. Le groupe traduit étonnement bien ses influences de musique concrète et celles provenant du milieu du métal (Abigor, notamment). Fou!

34 – MGŁA – Exercices in Futility
(No Solace)


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Au premier abord, Exercices in Futility, troisième album du duo polonais Mgła (qui signifie «brouillard») ne m’a pas vraiment impressionné. Banal est le qualificatif que je lui accordais d’emblée. Mais je me félicite d’avoir été indulgent en lui donnant une seconde chance, car derrière ses airs de simplicité se camoufle une force tranquille qui se manifeste peu à peu, laissant même paraître un certain raffinement qui enveloppe l’ensemble de l’oeuvre. Comme tout bon groupe de black qui se respecte, Mgła propose, autant musicalement que thématiquement, une vision pessimiste qui accompagne parfaitement le jours froids et gris qui se présentent à nous. En somme, Exercices in Futility n’est rien de moins qu’un superbe album de black envoûtant et empreint de maturité.

33 – MUTOID MAN – Bleeder
(Sargent House)


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Mutoid Man est un projet fondé par le chanteur/guitariste Steve Brodsky (Cave In) et le batteur Ben Koller (Converge). Alliant avec une aisance peu commune rock, punk et métal, Bleeder est le tout premier disque qui fait suite à un EP qui avait connu un très bonne réception. Chargé de riffs hyper énergiques, Bleeder possède un certain côté «léger» faisant de ce titre un excellent disque estival. Le genre d’album parfait pour un après-midi/BBQ bien arrosé, qui vire en gros party bordélique où ton gazebo risque de prendre en feu. Genre… Ça groove, ça rocke, ça thrash. Du gros fun!

32 – NAPALM DEATH – Apex Predator – Easy Meat
(Century Media)

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Difficile d’en dire plus que l’estimé collègue Steve Dallaire, d’autant plus que j’ai pas de recettes à fournir en prime, moi! C’est que, son avis concernant le plus récent méfait des vénérables membres de Napalm DeathApex Predator – Easy Meat, rejoint ma pensée. C’en est épeurant. Sauf que je ne peux pas me contenter de dire « euh… pareil comme y dit ». Je peux tu? Mais caltor, je ne peux qu’abonder dans le même sens. Apex Predator – Easy Meat est un sacré bon album de ces musiciens british, qui n’ont, de toute évidence, rien perdu de leur fougue. Non seulement, Napalm Death est un groupe qui ne se ramollit pas avec le temps, mais il parvient à livrer, avec ce 16e album, l’un de ses meilleurs en carrière. Apex Predator se hisse aisément parmi mes préférés, tout juste après le colossal Fear, Emptiness, Despair (1994).

31 – NECHOCHWEN – Heart of Akamon
(Bindrund Recordings)


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Remercions Austin Lunn (Panopticon) d’avoir partager l’annonce de la sortie de ce troisième album du groupe Nechochwen sur sa page facebook. Une très belle découverte que ce duo américain donnant dans un métal fortement inspiré de la tradition des premières nations. Heart of Akamon regorge ainsi de guitares classiques et de percussions aux échos tribaux, sans toutefois tomber dans les clichés. Le duo, constitué du chanteur, guitariste et flûtiste Nechohwen (Aaron Cary) et du bassiste, percussioniste et batteur Pohonsasin (Andrew Della Cagna, aussi membre du groupe Obsequiae) livre donc un « black » métal folklorique et atmosphérique, mais aussi introspectif. Sans négliger l’aspect heavy, ce sont surtout les passages acoustiques qui transcendent l’ensemble de cet enregistrement.

30 – NIGHT DEMON – Curse of the Damned
(SPV/Steamhammer)

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L’époque du NWOBHM te manque sans bon sang? Si c’est le cas, c’est que tu ne dois plus être bien jeune. Mais au-delà de ce constat superficiel, sache que Night Demon devrait être en mesure d’étancher ta soif de ce genre popularisé par Diamond Head, Maiden et cie. Je dirais même que les fans de Kill em’ All risquent eux aussi d’y trouver leur compte. Le trio californien, qui n’a pas réussi à franchir les douanes canadiennes plus tôt en 2015, revisite le genre comme s’ils étaient tombés dedans quand ils étaient petits. Welcome back to the 80s!

29 – OBSEQUIAE – Aria Of Vernal Tombs
(20 Buck Spin)


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Une de mes plus belles découvertes cette année est le trio américain Obsequiae qui suggère un black métal teinté de musique médiévale. Je me méfie généralement de ce genre de mélange, car j’ai souvent connu de douloureuses expériences auditives, mais ici, rien de la sorte. Au contraire! Avec ce second disque Obsequiae manie avec beaucoup de doigté le langage musical provenant de la période de Moyen-Âge. Le premier titre de Aria Of Vernal Tombs en témoigne d’ailleurs avec une instrumentale interprétée sur une harpe médiévale que maîtrise avec brio Vincente La Camera Marino. Ces interludes parsèment donc le reste de l’enregistrement, où le métal demeure très présent.

28 – PANOPTICON – Autumn Eternal
(Indépendant / Bindrune Recordings)


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Bouclant le cycle d’une trilogie musicale (Kentucky et Roads to North), Autmun Eternal complète avec brio le travail du musicien Austin Lunn. Depuis Kentucky, le projet qu’est Panopticon ne cesse d’évoluer et de maturer. Lunn livre ainsi un enregistrement maîtrisé, tant au niveau des compositions que des arrangements, mais aussi du côté de l’exécution et de la qualité de production. Le musicien a d’ailleurs eu la bonne idée de confier non seulement le mastering à Colin Marston, mais aussi le mixage et la réalisation. Mais au-delà des technicités, Autumn Eternal est un album qui offre un black métal au paysage vaste et par conséquent, riche en émotions.

27 – POWERMAD – Infinite
(Indépendant / Pentacat Records)

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Powermad, c’est le groupe dont on entend (et voit) un petit bout de performance dans le trash, déluré, sexy et sanglant Wild At Heart de David Lynch. Convenons d’une chose : ce groupe de power/thrash métal n’a pas eu une carrière des plus prolifiques. Pourtant, Absolute Power, leur seul album complet paru en 1989, est une petite perle du genre. Le groupe renaît donc de ces cendres après plus de deux décennies de silence radio. Convenons d’une autre chose : ce retour n’était pas le plus attendu de la scène métallique, mais qu’est-ce qu’il est bienvenu. Le quatuor américain propose des riffs qui arrachent et le résultat est salement heavy. Sans être aussi « progressif » que Noneuclid, les fans du groupe pré-cité devraient tendre l’oreille… et la joue, histoire de recevoir une bonne raclée de thrash puissant.

26 – REMMIRATH – Shambhala Vril Saucers
(Ravenheart Productions)


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Avertissement : Remmirath exige une grande ouverture d’esprit. Nous préférons vous en avertir. Indescriptible, étrange, hors du commun, Remmirath est un groupe bourré d’inventivité. Si les fondements du quintette slovaque appartiennent au black métal, Shambhala Vril Saucers est un disque qui n’impose aucune barrière. Toutes les explorations sont permises. Des chants de gorges en passant par des sons évoquant les jeux d’arcade des années 1980, le groupe ne se gêne pas pour insérer au travers de ce délire des claviers rétros, de la guimbarde sur du surf rock, des effets sortis tous droits de films de série b et j’en passe. Déstabilisant, mais tellement satisfaisant!

25 – SARPANITUM – Blessed Be My Brothers
(Willowtip Records)


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Lorsque l’ami Sebbrutal m’a suggéré d’entendre le premier extrait intitulé By Virtuous Reclamation, tiré de l’album Blessed Be My Brother de Sarpanitum, j’ai tout de suite été happé par la mélodie de la guitare. Le groupe gagnait déjà beaucoup de point, même si l’autre ami, Steve Dallaire, est venu se plaindre de la batterie (non mais quel rabat-joie, lui!). Ok, je lui accorde que le jeu du batteur et le mix n’ont rien de naturels. Et j’ajouterais que la compression du mastering est dégueulasse. Mais je ne me suis pas laissé intimider par son manque d’enthousiasme, ni décourager par mes caprices de puristes en terme de production. Et j’ai bien fait, car au niveau de la qualité d’écriture, Sarpanitum torche en sale! Ce n’est pas mêlant, ce deuxième opus de la formation anglaise combine les meilleurs éléments d’Immolation, Morbid Angel et Behemoth. Aussi brutale leur musique soit-elle, Sarpanitum maîtrise, sans l’ombre d’un doute, l’art de la composition. Blessed By My Brother possède, musicalement parlant, l’étoffe d’un futur classique du death metal.

24 – SHINING – IX – Everyone, Everything, Everywhere, Ends
(Season Of Mist)


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Évoluant depuis une vingtaine d’années, le groupe suédois Shining possède à son actif une discographie plutôt inégale. En revanche, lorsque Shining n’est pas en manque d’inspiration, nous avons affaire à de la qualité. Réjouissez-vous (même si l’on est confronté à des thématiques sombres et dépressives), IX – Everyone, Everything, Everywhere, Ends s’avère un solide enregistrement. Shining livre un black métal épique et mélodique (le premier titre possède des relents digne d’Yngwie Malmsteen), tout en exploitant une certaine lourdeur.

23 – THE SLOW DEATH – Ark
(Chaos Records)


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Avec un nom tel que The Slow Death, nous ne sommes pas tant surpris d’être confronté à un doom/death plutôt dépressif. Ce constat ne rend pas le troisième album de la bande australienne ennuyant pour autant. En fait, Ark est un opus assez poignant. Sachant que le chanteur Greg Williamson (dont la voix gutturale évoque le death finlandais old school) a rendu l’âme l’an dernier, l’écoute du disque a quelque chose d’encore plus évocateur. Les échanges entre Williamson et les lignes vocales mélodiques de la musicienne Mandy Andresen fonctionnent à merveille. L’apport des synthétiseurs, utilisés avec parcimonie en toile de fond, ajoute une certaine profondeur au côté atmosphérique de l’album. Enfin, la participation sur cet enregistrement de Brett Campbell (Pallbearer) à la lead guitar en enchantera plus d’un.

22- SONS OF HUNS – While Sleeping Stay Awake
(RidingEasy Records)


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Yeah! Rock n’ roll! Avec son stoner entraînant qui donne envie de bouger et faire le party, le trio de Portland Sons of Huns risque de faire lever l’ambiance lors de tes prochains partys. Des bands du genre, il y en a tout un sacré paquet, mais Sons of Huns a le tour en mautadine. Un band de riffs accrocheurs à la pelletée. C’est quasi indécent!

21 – STEEL BEARING HAND – Steel Bearing Hand
(Unholy Anarchy)


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Groupe plutôt obscur en provenance de Dallas au Texas, Steel Bearing Hand n’avait produit jusqu’à présent que deux démos et un EP. Constitué que de cinq titres, ce premier album homonyme ne possède rien de particulièrement original, mais bon sang que c’est efficace! Incorporant ça et là quelques éléments de crust, de black et de thrash métal, Steel Bearing Hand nous garoche des riffs assassins et forts plaisants à entendre, en plus de livrer une exécution irréprochable. Non seulement ces musiciens trouent l’cul, mais ils viennent flatter les fans de They Live dans le sens du poil, en incorporant un extrait du film culte sur la frénétique (Usurp) The Hidden Thrones.

20 – THY CATAFALQUE – Sgùrr
(Season of Mist)


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Produisant en moyenne un album aux trois ans depuis 1999, Tamás Kátai, le multi-instrumentiste à l’origine du projet Thy Catafalque, demeure constant dans l’excellence. En effet, ce musicien de métal avant-gardiste ne semble pas s’essouffler, du moins, à titre de créateur. Sgùrr est le sixième album de l’artiste d’origine hongroise, qui explore une fois de plus avec beaucoup d’agilité les textures électroniques et certains éléments folkloriques dans un métal planant et dynamique.

19 – TURBID NORTH – Eyes Alive
(The Pyramid)


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Le danger de publier des palmarès de fin d’année trop tôt, c’est de risquer de manquer les sorties plus tardives. Parions d’ailleurs que Purple de Baroness aurait pu se retrouver ici. Mais bon, tout ceci pour dire que c’est ce qui me serait probablement arrivé, si j’avais décidé de ne pas attendre plus longtemps. Eyes Alive de Turbid North serait passé sous le radar et cela aurait été bien dommage. Autrefois constitué de cinq musiciens, Turbid North revient après cinq ans d’absence sous la forme d’un trio qui combine avec finesse death, doom, stoner et groove métal. Doté de quelques passages qui peuvent faire songer à Gojira ou encore même Pink Floyd, Eyes Alive marque une évolution certaine pour cette excellente formation.

18 – UNREST – Grindcore
(Unspeakable Axe Records)


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Le titre du premier enregistrement studio de cette formation américaine vend le punch : on a affaire à du grindcore pur et dur! Heureusement, Unrest, constitué de membres qui œuvrent notamment au sein de l’excellent groupe doom Crypt Sermon et du band death metal Trenchrot, ne fait pas de fausse publicité en livrant la marchandise annoncée. Et ça rentre au poste en torrieux. On ne peut certes pas éviter la comparaison avec le mythique groupe britannique Napalm Death (surtout en début de carrière), mais Unrest imprègne sa musique du hardcore typique de Brooklyn, comme je l’aime. Au final, Grindcore n’est rien de moins qu’un 25 minutes de défonce musicale aussi dévastatrice que défoulante.

17 – VASTUM – Hole Below
(20 Buck Spin)


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Si vous n’êtes pas encore familier avec le groupe de death métal Vastum, le temps est venu de remédier à ce sérieux manque. Dans le merveilleux monde du death poisseux et sans compromis, ces américains en imposent avec une férocité sans pitié. Morbidités et déviances sont, une fois de plus, au coeur des sujets de prédilection de Vastum. Hole Below agit là où ça fait mal!

16 – VATTNET VISKAR – Settler
(Century Media)

settler

Un de mes plus grands regrets en 2013 est d’avoir acheté Sky Swallower. Un achat impulsif influencé par l’engouement d’un tas de gens qui étaient pâmés sur ce dernier. Pour ma part, je suis demeuré avec cette impression que la proposition était de loin inférieure à ce que Deafheaven avait livré avec Sunbather. Je ne cherche pas à (re)lancer un débat, mais je voulais simplement préciser que le charme n’avait finalement jamais opéré chez moi. Or, cette fois, avec Settler, hormis la pochette quelque peu douteuse, j’adhère entièrement à la musique de Vattnet Viskar. Le quatuor américain, qui donne dans le post-black/USBM, détient-là une oeuvre de haut calibre. Varié, accrocheur, intelligent et solidement construit, cet album est très bien foutu.

 


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