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Collage par Reda Lakchiri (deviantart)

INTRODUCTION

Il m’arrive fréquemment, dans un élan soudain, d’avoir des idées de projets qui n’aboutissent hélas que très peu souvent. Si tel est le cas, c’est que, lors de ces moments d’emportement, je fais abstraction de deux choses: l’ampleur des dits projets ainsi qu’une estimation réaliste du temps nécessaire pour arriver à mes fins.

Puisque, de toute évidence, je n’ai pas encore appris de cette erreur, je planche à nouveau sur un projet de longue haleine. Celui de recenser, mais également (et surtout) de commenter des enregistrements jugés essentiels ou importants du sous-genre qu’est le death métal « old school », plus communément identifié par l’acronyme anglais OSDM (Old School Death Metal).

On pourrait me rétorquer que ce genre d’ouvrage existe déjà, ou encore qu’il y a des tas de listes sur divers sites spécialisés ou forums. Vrai. Mais si la plupart des bouquins sur le sujet sont déjà peu nombreux en anglais, on a peine à en trouver qui sont rédigés dans la langue de Molière (hormis quelques traductions). Et je ne compte pas me contenter que de faire une simple liste dans un ordre subjectif qui pourrait froisser les puristes les plus susceptibles. Le but de l’exercice est justement d’aller au-delà de l’énumération.

J’ai donc l’intention, dans un premier lieu, de répertorier les albums les plus marquants de cette première vague. Je vise ainsi la période de 1985 jusqu’à 1994. J’en suis déjà à près d’une centaine de titres qu’il faut entendre au moins une fois dans sa vie, si l’on se passionne réellement pour ce genre musical qui fait encore des petits 30 ans plus tard. Je souhaiterais, du même souffle, tenter de les situer les uns par rapport aux autres, en tenant compte du contexte et de l’époque dans lesquels ils ont été produits.

Ainsi, plutôt que de débuter l’ouvrage dans un document Word qui finira par se perdre dans le néant de mon disque dur, je me suis dit que de partager mes ébauches via ce blogue me forcerait peut-être à aller jusqu’au bout de l’exercice. Et puis, s’il s’avérait utile, ne serait-ce qu’à un lecteur intéressé par le sujet, je n’aurai pas déployé tous ces efforts en vain. Je crois également que le fait de publier mes entrées sera bénéfique, dans la mesure où mes appréciations seront appuyées par des images, des extraits audio et des hyperliens utiles, pour le – enfin, les… j’espère! – métalleux curieux.

*Veuillez noter que ce projet est en évolution, et que le contenu qui s’y rattache pourra être bonifié, adapté ou modifié au besoin.

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ORIGINES DU DEATH MÉTAL

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Avant de plonger dans le vif du sujet, il m’apparaît nécessaire d’aborder brièvement le contexte qui favorise l’émergence du genre, tout en établissant les principales caractéristiques permettant de bien définir le death métal.

Puisqu’il est plutôt difficile d’attribuer la paternité de cette manifestation musicale à un groupe plutôt qu’à un autre, mais aussi car je n’ai nullement la prétention de détenir la vérité absolue à ce propos, je préfère croire que le genre s’est définit par plusieurs musiciens, qui ce sont à peu près tous influencés les uns les autres. En revanche, je suis porté à croire que le death métal a pris naissance dans une mouvance où nombreux semblaient être motivés par un désir profond de repousser encore plus loin les limites de ce qui avait été proposé jusque-là.

Le death métal est un sous-genre de la vaste famille du heavy métal qui commence donc à se définir aux alentours de la seconde moitié des années 1980. Il puise aux sources du thrash metal, une branche en pleine effervescence depuis le début des années 80, alors que des groupes comme Slayer, Celtic Frost ou Venom, radicalisent ou élargissent les horizons. C’est d’ailleurs une période où la catégorisation devient légèrement nébuleuse, bien que l’on commence à employer plus ou moins timidement les termes «black» et «death». C’est ainsi que dans cette quête de l’extrême, thrash, black et death se chevauchent au sein de plusieurs groupes.

Même si l’on ne parvient pas à trouver réel consensus quant au groupe qui devrait obtenir le titre de géniteur du death métal, certains faits indéniables constituent des éléments clés, permettant de mieux définir l’apparition du sous-genre qui est aujourd’hui tout sauf… mort! Au-delà des groupes influents nommés ci-haut, on semble dénoter la genèse de ce style aux États-Unis, quoi que bon nombre de groupes européens viendront forger cette scène underground avec aplomb par la suite. Néanmoins, ce sont deux groupes américains qui ressortent bien souvent du lot: Possessed et Mantas (que l’on connaîtra mieux sous le nom de Death par la suite). En effet, Possessed, qui prend forme en 1983, intitule son premier démo Death Metal. Cette composition se retrouve d’ailleurs sur Seven Churches (1985, Combat), premier enregistrement studio complet de la formation. Parallèlement, à peu près au même moment à Orlando en Floride, le groupe Mantas dirigé par un certain Chuck Shuldiner fait aussi paraître une cassette démo ayant pour titre Death by Metal. Une seconde démo sera enregistrée la même année, mais Mantas évoluera désormais sous le nom de groupe Death.

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Des dizaines et dizaines de formations ont émergées de ce mouvement musical qui regorge d’enregistrements mémorables dont je vous ferai part.

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CARACTÉRISTIQUES DU DEATH MÉTAL

Plusieurs éléments permettent d’identifier ce sous-genre.

Chant
On reconnaît facilement le death métal par un style vocal bien particulier. Il s’agit d’une forme de chant guttural – souvent identifié par les termes «grunt» ou «death growl» – qui combine des techniques demandant l’utilisation du diaphragme et des cordes vocales. Ce genre de timbre découle notamment des techniques polyphoniques (plusieurs sons en même temps) de chants de gorges que l’on peut entendre chez les moines tibétains. Je ne m’éterniserai pas sur toutes les subtilités qui peuvent amener différents effets et timbres, mais cela vous donne déjà l’idée.

Bien que l’utilisation du «growl» ne soit désormais plus exclusive à ce genre (on retrouve ce style de chant dans le grindcore, le metalcore et le doom), c’est d’abord principalement à cette branche du métal qu’il est associé.

Instrumentation et caractéristiques musicales
Souvent constitué d’une formation «standard», c’est-à-dire une batterie, une ou deux guitares, une guitare basse ainsi qu’un (ou une) chanteur(euse), l’orchestration du death métal s’est élargit au fil du temps avec la présence de claviers et de séquenceurs orchestraux afin d’ajouter une dimension atmosphérique, voire même folklorique, aux thématiques.

Dans bien des cas, l’accord de la guitare* diffère de l’accord standard (Mi-La-Ré-Sol-Si-Mi), alors que la corde la plus grave ou plusieurs cordes sont abaissées d’un ou plusieurs tons. Certains guitaristes privilégieront éventuellement la guitare à 7 cordes, munie d’une corde en Si (B), qui ajoute une intervalle encore plus grave par rapport au Mi de la «six cordes».

En plus de varier l’accord standard de l’instrument, le style de jeu oscille entre guitares lourdes et rythmiques et un style de picking en trémolo (les notes sont répétées rapidement). L’usage d’intervalles dissonants ou plus atypiques n’est pas étranger au style musical. Voici d’ailleurs un exemple particulièrement représentatif.

Au niveau de la section rythmique, en plus de double pédale qui martèle la ou les grosses caisses, on assiste à l’utilisation répétée du blast beat. Provenant de la scène hardcore, cette technique d’une intensité soutenue  est littéralement adoptée par les musicien du mouvement death. Cette technique devient quasi systématique dans le death métal et les batteurs renchérissent en accélérant la cadence à des tempi pratiquement inhumain. Pete Sandoval des groupes Morbid Angel et Terrorizer est un de ceux qui maîtrisent parfaitement la technique. Et de manière hallucinante.

*Faits intéressants : Black Sabbath modifiait déjà l’accord de la guitare en abaissant les tonalités avec l’intention de créer un effet menaçant et inquiétant de la guitare grondante.

Thématiques

Dans la majeure parties de cas, les thématiques au cœur du death métal s’inspirent de la littérature et du cinéma d’horreur. La mort est, de toute évidence, une matière première, bien qu’on mise tout autant sur l’imagerie lié à l’horreur et le gore. Certains groupes abordent également des sujets plus « sérieux » qui touchent d’avantage à la philosophie.


Je vous invite à revenir fréquemment, puisque le répertoire des albums s’élargira au fil des semaines. Vous pouvez également me suivre via mon compte instagram où je partage mes nombreuses écoutes de musique métal, toutes regroupées sous le mot-clic #metalcoolique.