Death – Scream Bloody Gore

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Parution : 1987
Label : Combat Records, Under One Flag (1987), Century Media (1999), Relapse (2016)
Format : vinyle, CD, cassette, numérique

Musiciens
Chuck Schuldiner : Voix, guitares, basse
Chris Reifert : Batterie

Réalisation
Randy Burns

Faits saillants
Zombie Ritual, Mutilation, Baptized In Blood, Evil Dead, Scream Bloody Gore

Pour plusieurs, Scream Bloody Gore représente l’album à l’origine du death métal. Comme je l’ai soulevé en avant-propos , la naissance du death métal est attribuable à plusieurs facteurs et groupes qui ce sont d’ailleurs manifestés avant ce disque. Il n’en demeure pas moins que son importance s’avère majeure et qu’on peut comprendre pourquoi il est tant considéré encore aujourd’hui.

Il ne faut toutefois pas croire que Scream Bloody Gore fut encensé dès sa sortie. Dans les faits, l’album a d’abord été un échec critique. C’est ce qu’avance le manager du groupe à l’époque, Eric Grief, dans une entrevue menée par le rédacteur en chef du magazine Decibel, Albert Mudrian, pour son ouvrage Choosing Death.

Le jeune Chuck Schuldiner, membre fondateur et leader du groupe Death opère déjà depuis 1984 en enregistrant quelques démos (Death By Metal avec Mantas, Reign of Terror, Mutilation). Le batteur Chris Reifert (Autopsy) (17 ans) se joint à Schuldiner (19 ans) en 1986 et le duo constitue alors le groupe durant cette brève, mais ô combien importante période. Il est à noter que même si John Hand est crédité sur l’album, ce dernier n’a pas participé à l’enregistrement. Le guitariste se joindra pour une brève période durant l’année 1987.

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Tout comme pour Possessed, qui a lancé quelques demos à peu près au même moment que Death et qui évoquait aussi le terme « death metal » dans sa chanson du même titre, c’est Randy Burns qui se retrouve aux commandes de la production de l’album. En fait, certaines personnes impliquées sur Scream Bloody Gore (Burns, Edward J. Repka pour l’illustration), ont contribué l’année précédente au succès de Peace Sells… de Megadeth, groupe également lié à Combat. Le réalisateur Randy Burns, maintenant familier avec le thrash et le métal plus extrême, a peaufiné son style de réalisation depuis Seven Churches , ce qui s’avère un bel avantage pour Schuldiner et Reifert, fans de Possessed. Un sérieux atout donc, d’autant plus que le duo avait commencé une production en Floride (vous pouvez l’entendre plus bas via le lecteur bandcamp) qui a été balayé du revers de la main par Combat, exigeant de tout ré-enregistrer avec Burns. C’est, selon toutes vraisemblances, l’étiquette de disques qui aurait fait le mauvais choix de studio au départ. Il est important de souligner que même si le label avait offert un contrat de disque à Death, Combat prenait le projet plus ou moins au sérieux et avec un certain désintérêt…

Revenons donc au contenu de l’album sur lequel les thématiques des pièces de Scream Bloody Gore sont on ne peut plus liées à l’horreur, sujet de prédilection du death métal. Scream Bloody Gore agit tel un festin sanglant où tripes, têtes coupées, zombies, meurtre, possession, sacrifice violent et gore constituent des éléments de chacun des textes signés par Schuldiner. Difficile de prédire à cette époque que le musicien finira plus tard par aborder des sujets philosophiques et observations à caractère social.

L’héritage laissé par Scream Boody Gore est devenu tangible et indéniable avec les années. La ré-édition de Relapse lancée cette année (2016), en témoigne davantage, notamment grâce au livret où l’on retrouve l’extrait d’une correspondance écrite par un certain Max (Cavalera) adressée à Chuck. Tous deux s’échangeaient leurs démos et albums respectifs. C’est un Cavalera admiratif du travail de Schuldiner qu’on découvre alors qu’il espère obtenir l’avis de Chuck au sujet de Morbid Visions , premier album qu’il a fait paraître avec son groupe Sepultura. Le groupe brésilien accouchera quelques mois suivant la sortie de SBG du notable Schizophrenia. Vous remarquerez d’ailleurs que sur la photo de Reifert et Schuldiner plus haut, ce dernier porte le gilet à l’effigie de Bestial Devastation.