Possessed – Seven Churches

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Label : Combat / Banzaï Records
Parution : 16 octobre 1985
Formats : cassette, vinyle, CD (1986)

Musiciens
Jeff Becerra – voix et basse
Mike Torrao – guitare
Larry LaLonde – guitare
Mike Sus – batterie

Réalisation: Randy Burns

Faits saillants : The Exorcist, Seven Churches, Fallen AngelDeath Metal

S’ouvrant sur un extrait réarrangé du Tubular Bells de Mike Oldfield, oeuvre musicale rendue célèbre grâce au classique de l’horreur The Exorcist, la pièce du même nom (extrait ici-bas) ne tarde pas à annoncer les couleurs de métal extrême exploitées par le groupe californien Possessed. Bien que ses racines soient on ne peut plus ancrées dans le thrash métal (pas de doute là-dessus), Seven Churches est un album qui favorisera la naissance d’un nouveau genre : le death métal.

Si ce sont plusieurs musiciens qui ont contribué à définir le courant autour de la même période, Seven Churches est considéré par plusieurs comme étant le tout premier enregistrement complet (LP) à paraître, notamment grâce à la composition intitulée Death Metal qui se retrouvait sur la toute première démo homonyme du groupe parue en 1984. De fait, à peu près tous les éléments permettant d’identifier le sous-genre se trouvent réunis sur ce disque. D’ailleurs, la citation d’un thème musical issu du cinéma d’épouvante est un aspect qui inspirera d’autres groupes du même mouvement (Entombed avec le thème de Phantasm sur Left Hand Path, par exemple).

C’est un certain Randy Burns, qui agissait jusque-là principalement en tant qu’ingénieur du son (son nom se retrouve parmi les crédits de l’album éponyme de Suicidal Tendencies), qui s’acquitte de la tâche de réaliser Seven Churches. La production demeure somme toute primitive, quoi qu’on retrouve une bonne balance de mix entre tous les instruments. On dénote aussi un effet de réverbération assez prononcé, élément présent sur la plupart des enregistements métal de l’époque. La réalisation de Burns instaurera une tangente que l’on retrouvera sur les albums qu’il enregistrera par la suite (Scream Bloody Gore, Darkness Descends, DBC, Peace Sells…), mais qui sera aussi audible sur des enregistrements produits par d’autres ingénieurs du son.

Du côté de l’exécution, on retrouve parfois un manque de synchronisme entre la section rythmique et les guitares, mais c’est aussi ce qui en fait une partie de son charme. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, les techniques d’enregistrement ne permettaient pas de tout corriger dans les moindres détails, au millième de seconde près. D’ailleurs, cela donnait une performance sur disque plus naturelle et bien plus près de ce qu’on pouvait entendre en spectacle. Et ce manque de synchronisme ne veut pas dire que les musiciens n’avaient pas de talent pour autant. Plusieurs passages, particulièrement aux guitares, témoignent du potentiel des jeunes musiciens. D’ailleurs, le guitariste Larry Lalonde à peine âgé de 17 ans lors de l’enregistrement, évolue depuis la fin des années 1980 au sein du groupe Primus.

Les fortes sonorités à caractère punk et hardcore que l’on retrouve (en particulier sur Evil Warriors) tout comme cette obsession pour Satan auront assurément été une influence pour des groupes de la trempe de Morbid Angel. Je dis «obsession», puisque l’illustre et vil personnage – ou sa représentation sous d’autres noms – est au coeur de toutes les pièces sans exception!

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Seven Churches connaît de nombreuses rééditions sur CD et vinyle depuis 1986 sous diverses étiquettes, notamment Century Media, mais aussi High Roller qui propose aux fans une fichue de belle réédition vinyle provenant des bandes originales. Floga Records a également édité un joli coffret cassettes, incluant les deux premiers albums en plus du EP The Eyes of Horror.

Si l’on découvre Seven Churches pour la première fois aujourd’hui, l’album n’apparaîtra peut-être pas comme étant le plus grand album de métal enregistré jusqu’à ce jour. Toutefois, l’apport de ce dernier s’avère considérable. Son impact est majeur quant à la définition du genre que deviendra le death métal. Pas pour rien que des groupes phares de ce style soulignent son importance en proposant des reprises. Une reconnaissance non négligeable, notamment lorsqu’elle est affirmée par Chuck Shuldiner et son légendaire groupe Death, même si l’hommage n’est qu’instrumental.


Autres reprises par tirées de l’album Seven Churches revu par des groupes death métal :

Cannibal Corpse

Vader