Sepultura – Morbid Visions

morbid-visions

Label : Cogumelo Records, New Renaissance, R/C Records
Parution : 1986
Format : vinyle, CD, cassette

Musiciens
Max Cavalera : Voix/guitare rythmique
Paulo Jr : Basse
Igor Cavalera : Batterie
Jairo T. : Guitare lead

Réalisation : Sepultura

Prise de son et mixage : Eduardo Santos et Ze « Heavy » Luiz

Faits saillants : Troops Of Doom, Mayhem, Crucifixion

Quand on pense au genre qu’est le «death metal», le nom du légendaire groupe brésilien Sepultura ne surgit pas instinctivement à notre esprit. En fait, on serait plutôt en droit de mettre en doute un quelconque lien entre la bande originalement formée par les frères Cavalera et le style musical qui nous intéresse.

Pourtant, Morbid Visions s’inscrit exactement dans la mouvance qui est sur le point de mettre en place les éléments qui définiront plus distinctement le death metal.

Alors qu’il penchera davantage vers le thrash dès l’enregistrement suivant (Schizophrenia), le groupe Sepultura – qui ne compte pas encore parmi ses rangs le guitariste Andreas Kisser – oscille allègrement entre thrash, black et death. C’est principalement un vocal très typé qui se rapproche du death qu’emprunte Max Cavalera, qui vient renforcer cette idée.

À peine âgés de 16 et 17 ans à cette époque, les musiciens brésiliens semblent évidemment influencés par des groupes tels que Celtic Frost et Slayer, mais tout autant par la scène punk/hardcore. Ce style musical reviendra d’ailleurs à l’avant-plan de plusieurs compositions du groupe au fil de leur carrière. Du moins, jusqu’à ce que Max Cavalera quitte le navire… Bref, même sur leur précédent démo, Bestial Devastation (qu’on retrouve sur plusieurs rééditions de Morbid Visions), premier enregistrement qui paraissait sur un vinyle split chez Cogumelo Records, les éléments associés au death sont indéniables.

Soyons réalistes, Morbid Visions n’est pas l’oeuvre la plus porteuse parmi la discographie de Sepultura pour plusieurs raisons. Entre autres à cause d’une qualité de production plutôt faible ainsi que des compositions inégales, voire similaires (comparer le début de Troops of Doom et Funeral Rites et vous comprendrez!) ou peu originales (Crucifixion évoque quant à elle fortement Hell Awaits de Slayer). Des fautes pardonnées, puisque la troupe marque quand même avec une importance certaine son apport à la scène death metal en plein essor, faisant ainsi de cet enregistrement un essentiel dans l’évolution du sous-genre de l’extrême.