Peut-être que j’avance une fausseté, mais il me semble avoir lu ou entendu quelque part, il y a assez longtemps de cela, que l’album Vulgar Display of Power avait été écrit sur une période de deux semaines.

pantera vulgar display of power

Les mauvaises langues diront que ça été fait à la va-vite. Pour ma part, j’ai tendance à croire que c’est plutôt dans un élan d’inspiration que ce disque, qui célèbre ses 25 ans d’existence le 25 février, a été mis au monde. Vulgar Display of Power de Pantera est leur 6e enregistrement studio. Celui qui m’a fait découvrir le groupe. J’en glissais un mot lors de la balado du 17 février, la première fois que j’ai vu le clip Mouth For War à Musique Plus, j’ai été sous le choc. Je crois me souvenir avoir trouvé que Phil Anselmo se la jouait un peu trop dur à cuir. C’était sans doute cette première impression qui m’a fait décroché, alors que j’étais du même coup submergé par ce débordement d’énergie où l’agressivité était à son paroxysme.

M’enfin, c’est surtout Claude Rajotte, alors animateur de la chaîne télé où le contenu musical était encore à l’époque mis en valeur, qui m’a convaincu avec sa critique. Son enthousiasme a l’égard de ce qui allait devenir pour moi (et plusieurs autres) un classique du thrash/groove métal, a piqué ma curiosité. Il me fallait donc entendre ce disque dans son intégralité.

Bon sang, qu’est-ce que j’ai fait joué ce fameux Vulgar… Au travail, au repos et dans les loisirs. Sérieusement, le quatuor texan a été en rotation continue pendant des semaines et des semaines, jusqu’à ce que j’entende Cowboys From Hell quelques mois plus tard, le précédent opus de Pantera, qui m’a aussi accompagné durant la même période. Mais revenons à la tonne de briques parue en 1992 et dont les ventes ont dépassées le 2 millions de copies. Avec une pochette ne pouvant guère mieux traduire le contenu musical, c’est littéralement ce que l’auditeur subi à l’écoute de Mouth For War, Fucking Hostile ou By Demons Be Driven. L’énergie bat également son plein sur Walk, Rise ou encore Live In A Hole.

Dans tout cette charge enragée, dont l’énergie d’ensemble conserve un esprit live, le chanteur Phil Anselmo démontre également les prouesses de son registre vocal sur This Love et la poignante Hollow, tandis que le défunt guitariste Dimebag Drarell manie son manche de guitare tel un ninja et nous livre, une fois de plus, des solos aussi techniques que lyriques à en faire baver. Qu’est-ce qu’il était doué! Non seulement il avait trouvé sa propre signature, il savait construire des solos épiques et maîtrisait sans l’ombre d’un doute l’«art du shredding». La partie rythmique assurée par Rex à la basse et le frère de Dimebag, Vinnie Paul à la batterie, était solide comme le roc. Une fondation imperturbable.

Reconnu par plusieurs comme étant l’un des meilleurs albums de 1992, voire même l’un des plus influents des années 90, ce titre réalisé par Terry Date (Overkill, Soundgarden, Prong, White Zombie) est souvent cité dans plusieurs palmarès. Son impact est indéniable et il ne fait nul doute qu’il mérite sa place au panthéon des albums métal qu’il faut entendre au moins une fois dans sa vie. En 2012, une réédition spéciale 20e anniversaire avait été mis en marché. Cette édition comprenait le titre Piss en bonus. Morceau qui n’avait pas été retenu au final à l’époque de l’enregistrement. Une bonne chose si vous voulez mon avis, puisqu’il ne possède pas la même intensité que le reste du disque, d’autant plus que le groupe a récupéré un des riffs pour l’inclure dans Use My Third Arm qu’on entend sur disque suivant, Far Beyond Driven. Une autre bombe larguée par Pantera, mais ça, c’est une autre histoire.