Loading...
MusiqueWeb

Testez la précision de votre ouïe

headphone-turntable-edit

En novembre dernier, je glissais un mot sur Boulevard Brutal au sujet de l’existence du blogue Metal-Fi, où deux copains ont décidé de discuter de métal bien sûr, mais également de haute-fidélité, les comparses étant audiophiles.

Le fervent amateur de métal que je suis depuis la fin du primaire (ce qui n’a rien pour me rajeunir) et d’aussi loin que je me souvienne, tout autant fasciné par la combinaison des textures sonores et la reproduction de celles-ci, nul besoin de vous préciser que j’aimais déjà ces blogueurs sans même avoir pris le temps d’explorer le contenu de leur site. Bien évidemment, j’ai pris soin de consulter quelques uns de leurs textes, pour rapidement me rendre compte que ces métalaudiophiles étaient de véritables passionnés. Leur objectif de sensibiliser les fans de métal à l’importance de la fidélité dans la reproduction sonore est évidemment fort louable, mais leur démarche est toute à leur honneur, car ils l’entreprennent avec sérieux et une rigueur notable.

Bref, faire un tour sur leur blogue est toujours un plaisir pour moi et je considérais que l’une de leur dernière publication méritait que j’en glisse un mot ici.

Le défi Golden Ears

L’oreille d’or est-elle une expression qui vous est familière? Dans le milieu militaire, on l’emploie pour parler d’officiers mariniers chargés d’écouter et d’identifier les sons et les bruits à l’aide d’un sonar. Chez les audiophiles, posséder une oreille d’or permettrait, par exemple, de différencier à l’aveugle un extrait musical provenant d’un CD versus ce même extrait, compressé au format mp3 à 320 kpbs. Selon Alex de Metal-Fi, l’oreille d’or n’est qu’un mythe. Il appuie d’ailleurs cette affirmation en référant à un autre site où un défi a été lancé. Jusqu’à présent, personne ne l’aurait relevé.

Je suis aussi porté à croire qu’il s’agit d’un gimmick qui sert que trop bien l’industrie, comme la compagnie Philips par exemple. Celle-ci vend ses produits en misant notamment sur son équipe de professionnels qui seraient tous bénis par des oreilles d’or, grâce à un programme de formation développé par l’entreprise. Cet entraînement rigoureux leur permet ainsi de ne mettre sur le marché des appareils audio qui répondent uniquement à des standards de qualité élevés.

Promouvoir ses produits en soulignant à quel point il peuvent être merdiques ne seraient pas la stratégie la plus gagnante, j’en conviens. Toutefois, je possède une minichaîne Philips et je peux affirmer avec certitude que la qualité du son de cet appareil n’a rien d’exceptionnelle. Ce n’est pas pour rien que celui-ci cohabite tout près de la cafetière sur le comptoir de la cuisine. Autrement dit, si j’étais le patron de Philips, je virerais les professionnels qui ont établis que cette chaîne DCM292 répondaient aux standards de qualité de la compagnie. Disons que pour le rapport qualité/prix, ça peut aller, mais on ne peut parler d’un rendu sonore de qualité supérieure (les modes d’égalisation prédéfinis n’aident en rien). Mon intention n’était pas de me mettre à pleurnicher sur un machin électronique, mais bien de vous amener à tester votre ouïe en participant au défi Golden Ears.

Comme le souligne Alex sur son blogue, il ne faut pas être dupe et bien comprendre qu’il y a là un intérêt qui transpire le marketing, n’empêche que le défi Golden Ears qu’a élaboré Philips est très amusant si on s’intéresse le moindrement aux timbres, à la coloration, à la stéréophonie et/ou à l’égalisation, pour ne nommer que ces aspects.

Pour ma part j’ai relevé la plupart des petits tests avec une facilité plus ou moins étonnante, car j’entraîne mes oreilles depuis longtemps déjà (disons que ma formation de violoniste classique a dû aider un peu). En revanche, j’ai été étonné d’avoir du mal à faire la distinction entre un fichier original et sa réplique mp3 compressée à 128 kbps. J’ai d’ailleurs réalisé après quelques essais qu’il était plus facile de trouver l’intrus à volume élevé. Sinon, dans le niveau or j’ai eu bien du mal à identifier la plupart des fréquences d’égalisation sans repère. Une tâche qui s’avère quasi impossible si on ne s’est pas entraîné.

En somme, le défi, en plus de son côté «éducatif», est aussi divertissant (sinon plus) qu’une partie de Candy Crush et encore mieux, il n’y pas aucune limite pour réessayer les épreuves qui vous sembleront plus difficiles. Pas besoin non plus d’acheter de vies pour continuer. Il n’est même pas obligatoire de laisser son courriel, mais sachez que si vous procédez aux tests sans vous inscrire, il vous faudra recommencer du tout début si vous n’avez pas assez de temps devant vous pour passer au travers du défi.

Crédit photo